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Cheb Mami fixé sur son sort le 12 octobre

Publié le Lundi 04 octobre 2010 à 15:40:00  •  Catégorie : Artistes Arabes

Incarcéré après sa condamnation, à l'été 2009, à cinq ans de prison pour tentative d'avortement forcé, le chanteur a sollicité, mardi, une libération conditionnelle parentale.

Son procès, puis sa détention, début juillet 2009, au terme d'une journée de débats, avait fait sensation. Quatorze mois plus tard, c'est dans une relative discrétion qu'il sollicite sa libération (voir l'article Cheb Mami encourt dix ans ferme et 150.000 euros d’amende). Mohamed Khelifati, alias Cheb Mami, 43 ans, attend désormais sa possible extraction de prison au terme d'une décision qui doit être rendue le 12 octobre prochain. Un processus logique qui succède à la demande de liberté conditionnelle parentale introduite par son avocat, examinée, mardi, par un juge d'application des peines (JAP), dans l'enceinte de la maison d'arrêt de Melun (Seine-et-Marne), lieu d'incarcération de la star déchue.

L'icône du raï était tombée de son piédestal lorsque le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) l'avait condamné, le 3 juillet 2009, à une peine de cinq ans d'emprisonnement pour tentative d'avortement forcé de son ex-compagne, une photographe ayant, entre-temps, donné naissance à une fille aujourd'hui âgée de quatre ans.

Les faits incriminés remontent à l’automne 2005. Camille, le pseudonyme choisit par son ex-compagne, 43 ans, photographe de presse, est malmenée au point que des hommes de main de la coqueluche du raï tente d'extraire manu militari le foetus qu'elle porte... Motif : le chanteur ne veut pas d'une grossesse non désirée. Finalement libérée, Camille se décide, de retour en France, à porter plainte, en novembre 2005, contre Cheb Mami et ses sbires pour ce curetage sauvage doublée d'une séquestration brutale.

L'homme à la tessiture haut perchée est appréhendé et mis en examen, en octobre 2006. Il est brièvement détenu, à Paris, à la Santé, pendant trois mois. Puis libéré contre le versement d’une caution de 200.000 euros. C'est alors qu'il rompt délibérément son contrôle judiciaire et prend la tangente direction l'Algérie. Il réapparaît en France, fin juin 2009, quelques jours avant l'ouverture de son procès, un mandat d'arrêt international sur le dos, depuis mai 2007, directement interpellé sur le tarmac d'Orly. Avant d'écopé d'une peine de cinq ans d'emprisonnement.

Grâce présidentielle ?

La demande de liberté conditionnelle parentale examinée, mardi, avait été introduite par l'avocat de l'artiste courant juin 2010. Selon Me Khaled Lasbeur, sollicité par France-Soir, cette requête se justifie du fait de la situation familiale de l'intéressé. « Mon client répond aux conditions fixées par l'article 729-3 du code de procédure pénale. Il a un enfant de deux ans qui vit en France, il possède un appartement, sa femme ne travaille pas et il a aujourd'hui passé dix-huit mois derrière les barreaux. » Outre son « attitude exemplaire à la Santé comme à Melun », il plaide la nécessité « de travailler » de son client pour qu'il « subvienne aux besoins de sa famille. »

Des arguments dont Me Marie Dosé, le conseil de Camille, ne conteste pas la teneur. « En tant que partie civile, nous n'avons pas intervenir dans l'exécution de la peine, tient-elle d'abord à faire valoir. Que M. Khelifati réclame la liberté, c'est très bien. Ma cliente n'avait pas déposé pour qu'il reste en prison mais pour qu'il reconnaisse ses torts », nous explique-t-elle.

L'avocate de la photographe violentée voilà cinq ans s'interroge néanmoins sur le caractère « parentale » de la remise en liberté conditionnelle requise. « M. Khelifati n'a pas eu le moindre geste pour la fille née de sa relation avec ma cliente. Comment cette fillette va-t-elle pouvoir se construire au vu d'un tel dossier alors qu'il n'a pas daigné faire le minimum pour elle ? »

Parallèlement à cette demande de remise en liberté anticipée, Me Lasbeur confirme à France-Soir avoir adressé, courant juillet 2010, un courrier à l'Elysée en vue d'obtenir la grâce présidentielle de Cheb Mami. « Elle est en cours d'instruction », se contente-t-il d'observer « Sans commentaire », rétorque, polaire, l'avocate de l'ex-compagne du chanteur.




Cheb Mami